12 juin 2009
L'Amante religieuse

Je suis l’amante religieuse
Damnée par tous ses seins
Pour l’amour d’un mage-pathos
Au nom du Dieu Eros
Voyageuse de pulsion en passion
Je suis l’immaculée corruption
Payée trash en monnaie de singe
Découpée selon les pointillés
De ton emploi du temps quadrillé
Nomade de Paradis en enfer
Je suis la vierge marrie
Pénélope interdite au fil du temps
Pythie aveugle de son destin
Orfèvre de fortune sans lendemain
Errante d’absolu en néant
30 mai 2009
Confluence...

J'aime cette pointe de presqu'île
Ce point d'encrage de ma ville
Où Rhône majestueux et Saône échevelée
font l'amour en tourbillons équivoques.
J'aime tes lèvres qui se noient à ma source quand le feuillage bruisse
L'odeur de l'eau vive et du grand figuier
Le diapason des corps
Et les temps oubliés
29 mai 2009
Il y aurait des lilas

Il y aurait des lilas, des jasmins et des fuchsias
Des pierres chaudes pour le chat
Nos vêtements ça et là
Ton corps lascif sous les draps
Et mon souffle miellé de joie
Il y aurait le bruit de l’eau qui goutte dans l’évier
La touffeur assassine de juillet
La lumière tombée dans l’encrier
Des milliers de fleurs en grappe de baisers
Il y aurait tes silences ensoleillés
Il y aurait toi et moi et des lilas
03 avril 2009
Mademoiselle K
Elle apparaît féline et se faufile entre les faisceaux mauves éthérés : santiagues, pantalon lézaroïde, petit haut grunge-chic laissant deviner ce qu'il faut de ses seins angéliques.
Mademoiselle K, du pur son couillu et sensuel qui fait mentir les empêcheurs de marier rock et français : ça hard, ça dépote et ça décoiffe, ça riff et sa vibre, ça vous met le trémolo au diapason d'Hendrix.... c'est du lourd emballé dans du papier de soie.
Les chansons s'enchaînent pendant près de 3h, la petite, c'est certain, à la guitare et la santé en bandoulière !
Des mots simples qui percutent, la voix nette comme un talon aiguille, quelques phrases par ci et par là, histoire de mettre en facétie le dialogue avec le public : juste de l'essentiel.
Mademoiselle k : visage de chat mutin, Vénus de vinyle, belle de scène...
02 mars 2009
Fred, Fredi, Fredo

Parce que tu n’existais pas
Je t’ai rencontré
Extrait d’étoile d’araignée
Et de la voile lactée
Un ami, un frère
Un loup des Pyrénées
Une ombre de figuier
Un autre pas ordinaire
Un hôte éclairé
Qui s’invite à l’auberge espagnole de mes pensées
Plus en silence qu’en sonorités
En chansons à se fredonner
Les soirs d’indolence
De lac gelé
Et de cœur fané
Jean-Leloup
Tchin-tchin

J’ai la gueule de bois.
Pourtant notre Amour semblait un bon cru.
Robe d’automne, bouquets balsamiques
Capiteux jusqu’à l'ivresse,
Nous trinquions de Saint-Joseph à la Saint-Vincent.
J’ai la gueule de bois.
Ma coupe est pleine
T’as un coup de mou.
La part des anges évaporée
La liqueur qui décante
Délite l’alchimie
Et je me noie dans la lie.
09 février 2009
Saudade

Tu n'es jamais plus proche que lorsque tu es loin
Dans cet intervalle de silence tangible
Où tu me fais éprouver la présence de l'absence
Saudade, ô douce saudade
Je pétris ma mémoire limoneuse
Pour frôler les souvenirs escamotés
Dans l’intimité de mon cœur verger
Une odeur
Un souffle
Un baiser
Un baiser
Un baiser
Un baiser
Un soupir
Un secret
04 février 2009
Tous les trous sont dans la nature

Au début il était vraiment troublant
Avec ses bonnes mines et ses grands serments
Mais soudain je me suis bien rendue à l’évidence
T’avais pas les yeux en face des trous, ma pauvre Clémence
D’abord il y eu les trous de mémoires
Qui te posèrent lapin au bord du trottoir
Puis les mensonges sincères
A te happer dans des trous d’air
Et enfin sa douce capacité à te rendre joujou
Pour tout tranquillement faire son trou
C’est là que tu t’es mise à boire
A tourbillonner dans des trous noirs
A te mettre le cerveau en bandoulière
ravagé en trous de gruyère
T’as pris des médocs en surplus
A faire frémir le trou d’la sécu
A te mettre minable et down
Plus inquiétante que le trou dans la couche d’ozone
Je savais que t’étais point secure
Je le voyais bien par le trou de la serrure
Quand tu rentrais pourrie, aigrie et meurtrie
Te retrancher dans ton trou de souris
C’est pour ça ma pauvre Clémence
Que j’accepte d’être au trou pour démence
Pour avoir sans vergogne descendu
Ce satané trou du cul !
24 janvier 2009
modèle très vivant

Si je regarde tes mains, regarde mes seins
Dessins d’instinct et d’instant fusain
D’ocre et de magenta
Si je caresse tes mains, caresse mes seins
Dessein de miel et de pourquoi pas
De nuits de jours et d’émoi
Mes mains sur tes mains sur mes seins
Prière d'eau et entrelacs
De foi et de crois en toi
Si tu feules je rougeoie
15 novembre 2008
Et Bashung créa Dieu...
D'abord l'Homme s'en vient dans la lumière...
Chapeau mou, lunettes noires et veste longue.
Distingué.
L'homme nous souhaite un bon voyage.
Le train démarre, se coule de paysage en paysage sans escale.
Sidérant.
La voix chaude, profonde, m’embarque vers les étoiles.
Sidéral.
Mon cœur enfle, s’extrait de ma poitrine,
flotte dans les airs comme une bulle de savon.
Epoustouflant.
L’homme est là sur un fil, puissant et éthéré.
Une pluie de faisceaux sculpte l’espace.
L’homme est là, oui l’homme est là.
Il nous offre des mots « c’est bon de vous entendre ».
Le poids de la douleur et du regain.
Le sens de l’Univers.
L’homme est là, à mi-chemin.
Une guitare, une contrebasse, une batterie et un violoncelle.
Lueurs mauves : « Madame rêve ».
J’écoute comblée et transcendée.
Madame rêve.
Puis l’Homme s’en va dans la fumée…
Chapeau mou, lunettes noires et veste longue.
Magistral.


