15 octobre 2009
Racine

J’ai dans le sang une lignée rebelle
De femmes magnifiques poussées au grand soleil
Ombres de lumières généreuses et si belles.
Comme elle je me sens femelle avec mon amant
Et parfois si louve auprès de mes enfants.
J’ai appris à me battre toujours dans la douceur
À résister aux lignes droites, à défier mes peurs.
Comme elle j’ai la joie facile, le rire qui dégouline
Les sens qui butinent la soie et les dentelles
Le corps gourmand et libre mais à jamais fidèle
J’ai sur le bout des lèvres le chant languissant
D’aïeules fières et seules, bousculées par les vents
Traversant les frontières, les guerres et les tourments.
Comme elles j’ai la force de vie inscrite au creux des reins.
Je veux croire en l’amour et la force du destin.
J’ai appris la patience, la franchise et la ténacité
Qui sculpte en silence les égéries insensées
Comme elles j’ai en sourdine quelques danses sharqi
Tissant goutte à goutte des philtres raffinés
Qui voilent et dévoilent mes désirs, mes envies
J’ai dans les yeux toutes les foudres du ciel
D’ancêtres cévenoles, orientales et latines
Le goût indomptable des serments passionnels.
Comme elles je m’enivre d’ambre et d’églantine
De jasmin, de bijoux, de flacons et d’ongans.
J’ai appris à goûter la cardamome, la cannelle et l’origan
Et le seigneur chocolat sur son grand lit de miel.
Comme elles j’ai la nostalgie des lointains gynécées
De leurs bains chuchotés parfumés et secrets
Les cheveux satinés d’argan et de tiaré.
13 octobre 2009
Seule
Fabio Calvetti
Quand je pense à toi dans ma nuit citadine
J’ai un œil en automne et œil au printemps
Des larmes de feuilles, des larmes de vent
Et ce néant narquois qui m’engouffre poliment
Quand je rêve de toi dans ma nuit cristalline
J’ai la tête au soleil et le cœur au grand froid
Un souffle de vie, un souffle d’effroi
Et cette solitude qui ne contemple que moi
Quand je parle de toi dans ma nuit orpheline
J’ai un mot de douceur et un mot de colère
Un cri qui jouit, un cri qui vitupère
Et cette sourde absence qui pas à pas m'éviscère
Je regarde mes mains charbonnées de Khôl
Rivières de limon à cette heure trop fragile
Où le goût du sang me noie au bout du môle
Pendant que tu nages en ces eaux si tranquilles
11 octobre 2009
Devant derrière...
Texte inspiré par un dessin de Pascal
Atelier modèle vivant
http://p.dufournet.free.fr/blog/
Plus tu m’apparais habillé
Plus je t’invoque nu.
Ça titille mon ventre là
Ça s’insinue en langueurs
Tout bas et tout en bas
En voluptueuses vibrations
En vagues chaleurs
En bruissements de chair
Volutes humides, râles sourds
Désirs velours
Et obsessions crues.
Tes yeux m’enflamment
Tes doigts me pâment
Et ta hampe rutilante
Ebauche des débauches inopinées
Des chavirements d’âme
Des fièvres fleurés, des fragrances échevelées.
Mais ce qui m’affole sans ambiguïté
Je dois bien te l’avouer
Ce sont tes fesses courbes et satinées
Ces lobes fermes et leur délicieux duvet
Ces buttes effrontées.
Car ces deux bombes sucrées
Appellent mes mains, mes seins
Et puis ma langue délurée
Car ces monts des merveilles
Déclanchent comptant
Des bruines qui gouttent
A mes lèvres assoiffées
Mon inflexible amant.
Alors
Je te soupire, je te respire, je te harponne et je t’infiltre
Je te caresse, je te lèche, je te ravage et je t’aspire.
Ainsi soit-il mon divin apostat
Au nom d’Apollon, d’Eros et de Kâma
Sous la cambrure rebondie de mon corsage
Rien ne m’excitera davantage
Que ta mâle nudité
Encore toute habillée
04 octobre 2009
Fabio Calvetti, le peintre qui a chaviré mon âme....
Hier j'ai vu des toiles de Fabio Calvetti et je suis devenue ivre d'émotion. Des toiles d'une simplicité transcendante où le rouge sublime le noir, à moins que ce ne soit l'inverse. Là une femme, et puis une autre, et encore une autre toutes baignées d'une sensualité élégante, enrubannée d'un souffle de saudade : des yeux sombres noyés dans le coeur suspendu de l'attente, des poses alanguies, des cheveux qui embaument le vent.
Hier j'ai vu des toiles de Fabio Calvetti et je me suis laissée emporter par la folie du plaisir au point d'aller déposer une gommette rouge près du n° 5, un petit coquelicot de papier qui dit : "cette toile est à Cathie"... un pur acte d'Amour.

Toile faisant partie d'une autre expo-Donne- femmes en italien
02 octobre 2009
Naufrage
Echouée d'un marivaudage
Je souque hardiment
Cheveux dans le visage
Coeur en sang
15 septembre 2009
Fragments
Ecrit cet été dans mon hamac après qu'il ait failli céder et que je me
rende compte combien j'y étais attaché... des mots juste comme ça au
gré du vent...
ELLE : j'ai des cheveux de cuivre, l'œil sombre, la bouche gourmande, le sein généreux et la fesse callipyge...
LUI : Et alors ?
ELLE : Alors rien. Je fais l'inventaire avant que le temps ne flétrisse ce qu'il me reste d'attraits.
LUI : tu est belle et le temps ne fera rien à l'affaire.
ELLE : Tes mots résonnent mais ne me parlent pas.
LUI : Je veux te protéger.
ELLE : Me protéger de quoi ?
LUI : De ton propre regard sur toi
ELLE : Menteur, tu veux te rassurer toi...
LUI : De quoi ?
ELLE : De la vigueur de ta virilité selon l'axiome "tout homme protégeant une femme est un homme fort"
LUI : Pas du tout, mais tu sembles avoir tellement peur...
ELLE : je n'ai pas peur, je suis lucide. Si tu oublies que la vie est éphémère, comment veux-tu savourer l'instant ?
Alors, je fais l'inventaire pour jouir encore de ce que j'ai à offrir au soleil et au plaisir des sens.
Puis, quand je serai toute ratatinée, je ne serai pas triste : je me retirerai en douceur au fond de mon crâne avec mes petites joies intimes et tous mes bouquins, pour contempler l'air du temps jusqu'à la dernière goutte.
LUI : Et moi ?
ELLE : Quoi toi ?
LUI : Qu'est-ce que je deviendrai pour toi ?
ELLE : Ce que tu as toujours été : ma fulgurance, mon plaisir, mon Amour, ma folie, mon choix.
LUI : Alors je te servirai à quoi ?
ELLE : Mais à rien, mon Amour, à rien ! Tu n'es pas objet ou un ustensile, je n'ai pas besoin de toi, j'ai envie de toi... il te suffit d'être, et mon bonheur se déploie.
LUI : Je ne comprends pas.
ELLE : il n'y a rien comprendre, juste à se frôler la peau tendrement et longtemps. Alors nous deviendrons vieux, très vieux, des vieux facétieux et glorieux de pouvoir encore, à nos âges, monter, à deux, dans ce hamac libidineux !
30 juillet 2009
Avant de partir...
Les commentaires seront publiés, s'il y en a :-) à mon retour...
Avant de partir, donc ... et quitter mon blog pour les vacances, je voulais vous laisser une chanson : mais laquelle ?
Alors je me suis promise de ne pas tricher et de noter la première qui me viendrait au réveil, oui c'est ainsi, il me vient toujours un petit air sur les lèvres avant de boire mon café :-)
Voici la cueillette de la nuit :
L'enfer commence avec L
Sous les arcades de ses yeux
Il y a eu tant d'amoureux,
Tant de passants provisoires
Et puis soudain,
De mon cœur à son cœur comme l'écho
D'un amour qui me laisse sans voix
Toujours dans mon ombre
La nuit soupire, me dévisage
Sans rendez-vous,
Là, d'un seul coup,
Elle boit le bleu de mes rêves
J'attends son heure
Quand le soir ouvre le bal,
Je me pique à son étoile
L'enfer commence avec L
Sous les arcades de ses yeux,
J'envisage mes nouveaux cernes
Cocktail de pâleur, bloody mortel
Mon mauvais ange
Se change, pour me plaire,
En belle de nuit
Et son souffle sur mes lèvres
Joue avec le feu
Sans éteindre ma vie
Joue encore...
Sans rendez-vous,
Là, d'un seul coup,
Elle boit le bleu de mes rêves
Puis m'abandonne
Quand le jour ferme le bal
Son éternité me tue
L'enfer commence avec L
Aucun miroir
Ne peut la voir
M'enlacer
Pour mieux me glacer.
Je sens sa fièvre,
Comment garder mon sang-froid ?
25 juillet 2009
Les vieux de la veille
Hier, je suis allée écouter aux nuits de Fourvière, deux artistes qui ont accompagné mes premiers pas autonomes vers la chanson. Je veux dire que jusqu'à un certain âge on écoute plutôt les références parentales, et puis un jour un vole de ses propres oreilles : ces deux-là ont donc fait parti de mes premières émotions intimes sur mon tourne disque jaune, dans ma chambre de pré-ado.
Hier soir, hélas, tout à mal commencé : le métro est tombé en panne, puis le funiculaire et j'ai dû me taper la montée du Gourguillon
au pas de course pour arriver à l'heure et surtout trouver une place digne de ce nom, ce qui veut dire pour moi "devant-contre-la-barrière" !
Mais que nenni, point de barrière, point de fausse pour danser, juste un parterre d'élus endimanchés, dont Azouz Begad, enfin c'est le seul que j'ai su identifier :-)
Bref, j'étais quelque peu contrariée quand une dame, vêtue d'un ensemble vert vomitif est venue poser son postérieur encombrant dans mon espace vital pour déblatérer sa vie au téléphone : ah que oui elle avait fait des confitures cet aprem, ah que non son mari qu'il a pas pu venir à cause de la livraison IKEA etc etc : encore un mot et je lui faisais bouffer sa puce enrobée de bakélite et elle finirait sa soirée au poste de secours ! Je suppose que mes pensées malveillantes ont fait friture sur sa ligne orange, car la dame est partie sans demander son reste, emportant avec elle son tissus épinard et le fil de sa vie : ouf !
Enfin bon, je n'étais pas dans les meilleures dispositions quand Maxime Leforestier est entré en scène, discret et classe. Pourtant après quelques notes de guitare, ses mots et sa voix m'ont enroulée dans un petit serpentin de velours et m'ont laissée dans cette extase cotoneuse jusqu'à la fin de sa prestation acoustique : deux guitares sèches, une contrbasse et un percitionniste latino... Du bonheur, en somme.
Une enfilade de petites perles pour un petit bijou de chansons merveilleuses comme :
A 22h15 Maxime laisse la place à Véronique Sanson pour un concert échevelé, drôle et sensible de presque trois heures !
Une ambiance à vriller les étoiles, des musiciens et choristes sublimes pour un voyage entre rock'n roll et sensibilité, un voyage en frisson où l'essentiel reste la beauté du partage et un piano magique.
Avec Véro tout est démesure : le rire, les larmes, la passion... Et moi j'aime à la folie ses mots qui me capturent le coeur et son timbre qui dystille sous ma peau l'Amour de la vie... Jusqu'à la mort.
21 juillet 2009
Miss météores
Un météore est un corps céleste qui traverse l’atmosphère, alors que la météorite, elle atteint le sol : sous la nuit de Fourvière la somptueuse Olivia Ruiz fut surtout un astre de lumière, pétillant, piquant, doux et volcanique : un soleil de générosité.
Elle apparaît dans sa robe à volants, petite muñeca* mélange d’Alice et de gitane andalouse, convocation instantanée de toutes les femmes de ma lignée ibérique : l’œil noir, la taille cambrée et ondulante, la chaussure rouge et la voix chaude comme un soir d’été.
Là sous les étoiles de Lyon j’ai vu, je vous l’assure, les oliviers et les orangers et les grands feux où chantent les guitares. Mon sang a reconnu son sang, celui de l’Espagne, de la passion, du piment, de la rage et de la Vie... Hasta siempre**
Olivia saute, Olivia court, Olivia séduit et captive crie et susurre, s’ancre dans la terre et s’envole vers le ciel sur sa petite balançoire.
Olivia joue, belle comme un sourire, mutine, coquine, facétieuse, grave et profonde.
Olivia reçoit à bras ouvert et donne un espace aux « Coming soon » le groupe qui accompagne son dernier album, « Toan» son rappeur de frère et « Mathias Malzieu » son amoureux chanteur du groupe Dionysos.
Mathias et Olivia, instant sublime de ces corps qui se cherchent, ces voix qui se fondent et s'étreignent, ces regards qui se noient dans les abysses du désir : l’Amour qui s’embrase au feu de la création touche au Divin !
*muñeca = poupée
** Hata siempre = pour toujours
12 juin 2009
L'Amante religieuse

Je suis l’amante religieuse
Damnée par tous ses seins
Pour l’amour d’un mage-pathos
Au nom du Dieu Eros
Voyageuse de pulsion en passion
Je suis l’immaculée corruption
Payée trash en monnaie de singe
Découpée selon les pointillés
De ton emploi du temps quadrillé
Nomade de Paradis en enfer
Je suis la vierge marrie
Pénélope interdite au fil du temps
Pythie aveugle de son destin
Orfèvre de fortune sans lendemain
Errante d’absolu en néant





