Fabio Calvetti
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Quand je pense à toi dans ma nuit citadine
J’ai un œil en automne et œil au printemps
Des larmes de feuilles, des larmes de vent
Et ce néant narquois qui m’engouffre poliment

Quand je rêve de toi dans ma nuit cristalline
J’ai la tête au soleil et le cœur au grand froid
Un souffle de vie, un souffle d’effroi
Et cette solitude qui ne contemple que moi

Quand je parle de toi dans ma nuit orpheline
J’ai un mot de douceur et un mot  de colère
Un cri qui jouit, un cri qui vitupère
Et cette sourde absence qui pas à pas m'éviscère

Je regarde mes mains charbonnées de Khôl
Rivières de limon à cette heure trop fragile
Où le goût du sang me noie au bout du môle
Pendant que tu nages en ces eaux si tranquilles